Two sisters at the Canadian embassy in Paris
The following article appeared in Bulletin 83 (December 2017). Elvire Westley and her sister, Jacqueline, both worked at the Canadian embassy in Paris following the end of hostilities in 1945.
Ms. Westley also kindly provided a collection of photos that can be viewed on our site. The Canadian Immigration Museum at Pier 21 has also incorporated these photos into their broader collection.
The original article was submitted for insertion in the Bulletin in French; a translation into English has also been posted.
Deux soeurs à l’Ambassade du Canada à Paris
– Elvire Westley

Il m’a été demandé par Gerald Maffre, avec lequel je corresponds depuis de nombreuses années, que ma sœur, Jacqueline Westley, et moi-même, Elvire Westley, mettions sur papier nos mémoires des années passées peu de temps après la guerre de 1940 à l’Ambassade du Canada à Paris, 13 ans pour Jacqueline, 42 ans pour moi.
Nous nous étions réfugiés en Grande-Bretagne pendant la guerre de 1940, notre père étant anglais. Nous avions pu quitter la France avec l’un des derniers bateaux quittant le port de Bordeaux en juin 1940 et rentrés en France en novembre 1945. Pour la petite histoire, nous avons mis cinq jours pour rallier l’Angleterre afin d’éviter les champs de mines.
En rentrant en France, Jacqueline a recherché du travail. Une annonce ayant paru dans le journal de la Chambre de Commerce Britannique à l’effet que l’Ambassade du Canada désirait obtenir les services d’une secrétaire bilingue, elle s’est présentée et a été engagée vers la fin de 1946. L’ambassade se trouvait en ce temps-là 72 avenue Foch, la résidence rue Dosne. Jacqueline a débuté au Service du Personnel.
A l’époque, les secrétaires travaillaient à tour de rôle le samedi matin. Une de ces matinées, alors que l’ambassadeur, le Général Georges Vanier, était présent, il a demandé la secrétaire de service qui se trouvait être Jacqueline. Elle a donc exécuté le travail demandé et le lundi matin, le général demandait qu’elle rejoigne son service dans lequel elle est restée jusqu’à son départ, travaillant par la suite pour un autre ambassadeur avant de quitter l’ambassade pour rejoindre le secteur bancaire.
Jacqueline a toujours considéré que le fait de travailler pour le Général Vanier avait été un très grand privilège, ainsi que de connaître Madame Vanier et plusieurs de leurs enfants, dont Jean Vanier qui a créé une Maison de l’Arche pas très loin de Paris où nous avons rendu visite à Madame Vanier lorsqu’elle demeurait avec son fils.
Le Général Vanier a été le premier ambassadeur à être nommé en France après la guerre. Étant le doyen des ambassadeurs, il a été appelé à recevoir des personnalités telles que Jean XXIII, alors Nonce Apostolique à Paris, dont il était très proche, et à organiser des réceptions comme celle donnée à l’occasion de la venue à Paris à l’époque de la Reine Elizabeth, encore princesse, et de sa sœur, la Princesse Margaret. Par la suite, l’ambassade a déménagé Avenue Montaigne où elle se trouve encore actuellement.
En janvier 1948, j’ai été engagée par le Service d’Immigration de l’ambassade qui avait un local au 72 avenue Foch mais j’ai commencé à 3 (si ma mémoire est bonne) rue Scribe, où les bureaux emménageaient, comme dactylo-standardiste. Je me rappelle encore de ce vieux standard, lequel fonctionnait à l’époque avec des fiches et manivelle ! Le nom de mon premier patron a été Monsieur Desjardins.
Ma première journée m’a donné la chance de rencontrer Madeleine Karp, engagée locale comme moi, avec laquelle j’ai fait une carrière parallèle et qui est devenue rapidement ma meilleure amie. Elle nous a quitté il y a trois ans et manque toujours à ses amis. Deux articles sont paru sur elle après son décès dans le journal de la SHIC (voir les Bulletins 69 et 74).

J’ai changé de poste lorsque nous étions encore à la rue Scribe travaillant comme secrétaire à part égale avec le Stage B alors dirigé par Monsieur de Miffonis. De la rue Scribe, nous avons déménagé à 38 avenue de l’Opéra et ensuite à 4 rue Ventadour (toujours dans le quartier de l’Opéra) pour rejoindre finalement l’avenue Montaigne.
Je suis donc restée avec le Service d’Immigration passant de dactylostandardiste, à secrétaire, et ensuite adjoint de programme.
J’ai été longtemps à faire la sélection de base par système de points qui m’a toujours semblé un système très juste pour le regroupement familial, la sécurité de l’emploi, et les réfugiés.
Il fut un temps où nos agents allaient faire de la publicité dans les différentes provinces de France et se rendaient dans certains pays d’Afrique dont nous avions la responsabilité au point de vue immigration vers le Canada. Cela représentait beaucoup de travail en plus des différentes convocations ou instructions à donner.
Notre travail consistait également de rapports et de soumission de dossiers à Ottawa, ainsi que différents bureaux du Canada, alors que non seulement il fallait taper la lettre de couverture mais également copier les pièces jointes. Nous n’avions pas de photocopieuse ! Quel luxe lorsque la première est arrivée à Paris.
Puis est venu le temps où les ordinateurs sont arrivés à Paris. Une équipe est venue du Canada pour nous former à cette nouvelle technologie à laquelle nous nous sommes bien adaptés mais qui n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui.
Un changement est également intervenu lorsque la Délégation Générale du Québec, le service s’occupant des questions d’immigration, a pris en charge la sélection des immigrants pour le Québec.
Puis-je ajouter ici que la rencontre avec toutes ces personnes venues de tous horizons avec l’espoir de partir au Canada a été très enrichissante. J’ai quitté l’ambassade en 1990 avec regret car j’ai eu la chance de faire un travail qui m’intéressait et qui me semblait utile, tout en le faisant dans une bonne ambiance. Malgré tout le travail, nous savions faire des poses comme les fêtes de Noël où nous venions déguisés.
Jacqueline et moi gardons un excellent souvenir de nos années passées à l’ambassade. Nous avons gardé bien des contacts qui sont aujourd’hui des amis.
Apostille
J’aimerai apporter un commentaire sur l’émission de la télévision française du mois d’avril 2017 concernant le 100ieme anniversaire de la bataille de Vimy situé au nord de la France où de nombreux canadiens ont donné leur vie.
Le Général Georges Vanier en avait beaucoup parlé à Jacqueline, qui a été sa secrétaire à Paris pendant plusieurs années. Il était avec son Royal 22ieme Régiment, dont il était si fier, sur les champs de bataille tout proche de Vimy et c’est là où il a perdu une partie d’une de ses jambes à la fin de la guerre de 1914-1918.
Nous avons visité Vimy et avons été très impressionnées et émues par ce que nous avons vu. Les champs de bataille sont restés tel quel après toutes ces années. Il est impossible de rester indifférent lorsque l’on voit encore les trous d’obus, les lignes de bataille tout près les unes des autres, et surtout les cimetières où nous retrouvons les noms et les âges de tous ces jeunes gens qui ont sacrifié leur vie.
Note de l’editeur : Elvire Westley a légué à la SHIC des photographies illustrant sa carrière. On peut trouver toute la collection au site web de la Societé. Toute clarification concernant les personnages dans les photographies serait le bienvenue à info@cihs-shic.ca.
